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Le Patois creusois de Fresselines

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       Dictons, comptines et histoires du patois fresselinois

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Dictons Haut

" Temps blanc ramène la bergère des champs. "

 

" La gelée blanche passe sous la planche. "

 

Quand on cret tcheure, son fou(r) tombe. "

Quand on croit cuire, la chaleur du four tombe.

(espérance déçue)

Chat mita n’a jamais prés de rat. "

Chat ganté n'a jamais pris de rat.

Comme la carcailla : quand all’ a le sa(c), all’ a pas le bia. "

Comme la caille : quand elle a le sac, elle n’a pas de blé.

" Las tridés chant(e)rint pas comme los merlés. "

Les grives ne chanteront pas comme les merles

(= Il y aura de grosses difficultés.)

A la mi-février, la boune merlasse coué. 
A la mi-mar(s), la mèr’ all’ part.
Entre mar’ et avri’, in bon merle souove los petits. "

A la mi-février, la bonne merlette couve.
A la mi-mars, la mère part.
Entre mars et avril, un bon merle sauve les petits.

Entre mar’ et avri’, on sa(it) si l’coucou é mort ou en vie. " Entre mars et avril, on sait si le coucou est mort ou vivant.

Si la pie construit son nid au sommet des fines branches, il n’y aura pas d’orages violents au début de l’été.

 

   

Comptines Haut

Conte, bata conte
La chébre à moun onquie
All a fait dous petits chebris.
Le pus p’tit é tout fouérou,
X t’y léchra le tchou. 
"
( Sur l’air de " J’ai des pommes à vendre ")

 
La chèvre de mon oncle
(Elle) a fait 12 petits chevreaux.
Le plus petit est tout foireux (= merdeux)
X, tu lui lècheras le cul.

Tournas vous, viras vous,
Et vous serez mon geindre.
Vous f’rez los palissous
Et min i los port’rai veindre. 
"

Tournez, virez
Et vous serez mon gendre
Vous ferez les paniers
Et moi, j’irai les vendre

Ban, ban beline, Sainte-Catherine. "

 (Pour endormir l’enfant.)

Né, né, ban, ban. "

 
Son, son, vène, vène, vène,
Son, son, vène, vène donc. 
"
(Pour endormir l’enfant.)
Sommeil, viens.
Bête de Saint-Jean, bête de Saint-Jean, baille me de ton sang rouge, t’en âras de mon bian. " Bête de Saint-Jean (= scarabée), donne moi-de ton sang rouge, je t’en donnerai de mon blanc. [Lorsqu’on crache sur le ventre de l’insecte, il émet un liquide rouge]
B(e)rdi, b(e)rdo, combien que j’ai d’sous dans mon sabot? "
Pierrot la giñgeolle,
Ta fin-ne all’ é folle,
Toun âne é bouétous,
Pierrot l’malheuroux.
 "
Pierrot ???,
Ta femme est folle,
Ton âne est boiteux;
Pierrot le malheureux.
Pauceret,
Laridet,
Maître det,
Jean Goussaud,
Petit courtaud. 
"
(Comptine pour les doigts de la main)
   
   

Maître doigt
La lèbre a passa tchi,
Tcho tchi la voîde,
Tcho tchi l’a attrapade,
Tcho tchi l’a sangnade,
Tcho tchi a bedju le sang,
Et tcho p’tit riquiqui qu’en vouille tant,
Ou z’a tomba dins l’étang. 
"
(Comptine pour les doigts de la main)
Le lièvre est passé ici,
Celui-ci l’a vu
Celui-ci l’a attrapé
Celui-ci l’a saigné
Celui-ci a bu le sang
Et ce tout petit qui en voulait tant
Est tombé dans l’étang.
D’où viens-tu?
De l’affût.
Qu’as-tu vu?
Un p’tit rat.
Et ma part?
Alle é dins l’arche.
 "
(Comptine pour les doigts de la main)
     
    



Elle est dans l’arche (= la maie)
Bourre, bourre,
Sors de moun œil,
Rintre dans mon tchou.
 "
(Incantation pour faire sortir un débris de l’œil)
Débris, débris,
Sors de mon œil,
Rentre dans mon cul.
Louriou, garde los bious, laiss’ mangea los torous. "

Loriot, garde les veaux, laisse manger les taureaux.

Et toute la noye, la chine al’ jappe,
Et toute la noye all’ a jappa.
Ah! t’en aura dau pan Finette,
Quant’ los biés nâyes serint copas. "
(Souvenir d’un temps de misère, de disette.)
Et toute la nuit, la chienne jappe,
Toute la nuit elle a jappé.
Ah! tu en auras du pain Finette,
Quand les blés noirs seront coupés.

 

 

Branles de noces Haut

I la prins chez pas grand’chose,
I la mène chez rin dau tout. 
"

Je la prends chez Pas-grand-chose,
Je l’emmène chez Rien-du-tout.

Marie ton gars (bis) quand tu voudras,
Marie ta fille (bis) quand tu trouveras.
 "

 

D’aneu huit jou', te gardras pus las ouéilles, ma mignoune;
D’aneu huit jou', ne couchrins tous los dous.
 "

D’ici huit jours, tu ne garderas plus les moutons, ma mignonnne
D’ici huit jours, nous coucherons ensemble.

 

 

Injures particulières Haut

Mange pan gâgna! "

Bon à rien! Paresseux!

Juif errant! "

 

Choléra! "

 

Charogne! "

 

Loup-garou! "

 

Chat-ouiñ de gôrle! "

Chat-huant de trou d'arbre!

La poupide te p(e)rgne! " 

Que la pépie te prenne!

Ch’ti comme la mère daus poyes. "

Méchant comme la mère des poux.

 

 

Cris d’oiseaux Haut

La volaille avait droit à des appels particuliers:

  • les poules: " Piite, piite, ta! "

  • les canards: " Goulu, goulu! "
  • les oies: " Pilo, pilo! "
 

- Chant du pinson : " Tui, tui, tui, binn’ los ognons, la salade, la chicouri"

Tui, tui, tui, bine la salade, les oignons, la chicorée.

- Le rossignol :
Pouss’, pouss’,
La vigne all’ pousse.
S’i m’endeurs, all m’env(e)rtouille
. "


Pousse, pousse,
La vigne pousse
Si je m’endors, elle m’entortille.

- Le louriou (le loriot) : " Tire taujou!  "

Tire toujours!

- L’ajasse (la pie) : " Arrache! Arrache!  "

 

- La puput (la huppe) : " Tir’ pus! Tir’ pus! "

Ne tire plus!

- Cri du geai manqué par un chasseur :
Gar’! Gar’! Qu’a t’a tu joingne? "


Gare! Gare! Est-ce que ça t'a touché?

 

 

Les animaux domestiques Haut

 

Le chat devait se suffire à lui-même. Au menu: souris, lézards à la belle saison, ce qui le faisait maigrir. Exceptionnellement, on lui laissait un peu de lait "bego", coloré par le colostrum après le vêlage.

Le chien avait droit à un nom: il fallait bien le commander ou le rappeler. C'était le plus fréquemment une chienne, ce qui permettait la continuité. Son travail consistait surtout à contrôler le troupeau, peu nombreux: " Vire la Rosée! Mords-la au pied! ". On le réprimandait: " Tôt sus! ". Quand il avait bien fait son œuvre de gardien, on le récompensait par un petit morceau de pain: " Ta ta paillette! " (Tiens, ta paye!). Sa nourriture était faite de quelques restes. On lui permettait aussi d’avaler l’amnios après vêlage des vaches. A part cela, il chassait pour son compte mulots et campagnols.

Les porcs étaient eux aussi peu nombreux. L’un d’eux était destiné au ravitaillement familial (salé, jambons, andouilles, boudins, pâtés). On les nourrissait d’une pâtée de légumes additionnée de son. On les appelait " Roubi! Roubi! Tiñ! Tiñ! ", " Ta, mon rat, ta! "

Les vaches n’avaient pas de "numéro minéralogique" à l'oreille. Peu nombreuses, une dizaine au plus, elles avaient un nom: Fauvet, Roset, Mouton, qu'elles connaissaient. Pour les faire venir " Vette! Vette! " On les accompagnait à l’abreuvoir avec une mélopée: " A l’iaigue! A l’iaigue! "

Les moutons répondaient à l’appel: " Prr! Chcade! "

Les chèvres : " Belo! Belo! "

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